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Les deepfakes bouleversent la politique. Les politiciens et leurs partisans se tournent vers des vidéos générées par l'IA pour argumenter, attaquer leurs adversaires et, pire encore, diffuser de la désinformation. Des outils de génération de vidéos puissants et accessibles modifient désormais les normes concernant l'utilisation de ces faux contenus et leurs modalités.
La semaine dernière, les alliés de la vice-présidente philippine Sara Duterte ont partagé une vidéo virale montrant des personnages créés par l'IA pour défendre la femme politique en difficulté face à un procès en destitution imminent. La vidéo mettait en scène deux écoliers créés par l'IA critiquant le procès en destitution, le qualifiant de « motivé politiquement » et d'exemple de justice « sélective ». La vidéo a rapidement été démasquée comme étant un « deepfake », et l'attachée de presse du palais présidentiel, Claire Castro, a critiqué les politiciens pour avoir partagé de la désinformation et des fausses nouvelles.
La vice-présidente a adopté une approche différente, déclarant aux journalistes qu'elle pensait que partager une vidéo générée par l'IA était acceptable, tant qu'aucun profit n'était réalisé. Le sénateur Ronald dela Rosa, qui a partagé la vidéo, a également défendu ses actions : « Même si c'est l'IA… je suis d'accord », a-t-il affirmé, selon l'AFP.
Une autre vidéo virale mettait en scène une femme âgée, créée par l'IA, qui adoptait une position favorable à la destitution. Ce va-et-vient politique est le dernier développement de la saga de la destitution de Sara Duterte. La fille de l'ancien président philippin Rodrigo Duterte a été accusée de corruption, de détournement de fonds publics et de menaces d'assassinat contre l'ancien allié et actuel président Ferdinand Marcos Jr. Si elle est formellement destituée, Duterte sera démise de ses fonctions et bannie de la vie politique à vie. Le 10 juin, le Sénat philippin a renvoyé le dossier de destitution de Duterte à la Chambre des représentants du pays quelques heures plus tard pour convoquer un procès, demandant des éclaircissements sur sa constitutionnalité. La chambre basse a voté la destitution Duterte début février.
Vendredi, les procureurs de la Chambre des représentants ont exigé du Sénat qu'il poursuive le procès.
Ce n'est pas la première fois que des deepfakes apparaissent dans la politique philippine. L'année dernière, une vidéo générée par l'IA montrant le président Marcos consommant des drogues illégales est devenue virale. Le groupe de lutte contre la cybercriminalité de la police nationale enquête actuellement sur un autre deepfake de Marcos faisant la promotion d'une plateforme de trading en ligne.
Les campagnes politiques adoptent des contenus clairement générés par l'IA. L'équipe de campagne de Trump a partagé des images du candidat chevauchant un lion et soutenu par Taylor Swift avant l'élection présidentielle de l'année dernière. Les responsables de l'administration Trump continuent de partager des dessins animés générés par l'IA sur les réseaux sociaux pour faire valoir leurs arguments politiques. Les vidéos générées par l'IA ont été largement rapportées lors d'élections en Asie, notamment au Pakistan, Inde, Afrique du Sud ... Corée, et Singapour. L'année dernière, le parti politique indonésien Golkar a créé un deepfake (https://web.archive.org/web/20250630182705mp_/https://www.npr.org/2024/12/21/nx-s1-5220301/deepfakes-memes-artificial-intelligence-elections) montrant l'ancien président Suharto soutenir son candidat (Suharto est décédé en 2008).
Pourtant, les vidéos générées par l'IA autour de la destitution de Duterte n'usurpent pas l'identité de personnes réelles, mais créent des avatars pour exprimer des opinions politiques.
Les créateurs des vidéos virales de la semaine dernière ont défendu leur utilisation