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Paragon Solutions, une entreprise israélienne de cybersécurité, aurait mis fin à son contrat de logiciel espion avec l'Italie.
Cette résiliation fait suite aux révélations selon lesquelles son logiciel de piratage de niveau militaire, Graphite, aurait été utilisé pour cibler 90 personnes, dont des journalistes et des militants, dans une vingtaine de pays. Parmi elles, trois personnalités italiennes critiques à l'égard de la politique du gouvernement.
Le scandale des logiciels espions a éclaté après que WhatsApp a révélé la semaine dernière que la technologie Graphite de Paragon avait été utilisée pour pirater des téléphones portables à l'insu des utilisateurs.
Les victimes auraient été ajoutées à des groupes de discussion WhatsApp et auraient reçu des PDF malveillants, infectant leurs appareils.
L'enquête sur WhatsApp, soutenue par Citizen Lab de l'Université de Toronto, a révélé les failles de sécurité en décembre. La durée de la surveillance reste toutefois incertaine, selon un rapport du Guardian (https://www.theguardian.com/technology/2025/feb/06/owner-of-spyware-used-in-alleged-whatsapp-breach-ends-contract-with-italy).
Parmi les cibles italiennes figurait Francesco Cancellato, rédacteur en chef du site d'investigation Fanpage.
Cancellato avait déjà dénoncé de jeunes fascistes au sein du parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Deux autres cibles, Husam El Gomati, militant libyen, et Luca Casarini, fondateur d'ONG, se sont déclarés farouchement opposés à la complicité présumée de l'Italie dans des violations des droits de l'homme en Libye.
Le cabinet de la Première ministre Meloni a nié toute implication des services de renseignement nationaux ou du gouvernement dans ces failles. Malgré cela, Meloni devrait faire l'objet d'un examen parlementaire approfondi concernant l'utilisation abusive présumée de logiciels espions.
Une source proche de Paragon, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a révélé que l'entreprise avait initialement suspendu son contrat italien par mesure de précaution après avoir pris connaissance de potentiels abus vendredi dernier.
Mercredi, l'entreprise a officiellement résilié son contrat, invoquant des violations de son cadre éthique et de ses conditions de service. Paragon a refusé de commenter publiquement l'affaire.
Le ciblage des personnes critiques envers l'administration de droite de Meloni a renforcé les inquiétudes quant à l'utilisation de logiciels espions comme outil de répression politique.
Le gouvernement italien, informé par WhatsApp, a confirmé que le nombre d'Italiens touchés s'élèverait à sept.
L'identité des autres victimes reste inconnue, bien qu'elles soient originaires de plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, l'Espagne et la Suède.
La décision de Paragon de mettre fin à son contrat italien s'inscrit dans un contexte de surveillance plus large. L'entreprise, récemment acquise par l'américain AE Industrial Partners, fait également l'objet d'une enquête concernant un contrat de 2 millions de dollars avec l'agence américaine de l'Immigration et des Douanes.
L'issue de ces enquêtes, ainsi que le rôle de l'Italie dans les violations, restent incertains. Cette controverse souligne les inquiétudes mondiales croissantes concernant l'utilisation incontrôlée des logiciels espions et ses conséquences sur la vie privée et les libertés démocratiques.