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Dans un nouveau scandale impliquant un logiciel espion israélien utilisé à mauvais escient pour cibler des journalistes, Paragon Solutions aurait mis fin à l'accès à ses clients en Italie suite à des allégations selon lesquelles son logiciel de piratage de niveau militaire aurait été utilisé pour cibler des détracteurs du gouvernement italien.
Le logiciel espion de l'entreprise, appelé Graphite, peut infiltrer les téléphones portables sans que les utilisateurs ne soient détectés, offrant aux opérateurs un accès complet aux messages et aux communications chiffrées sur des applications comme WhatsApp et Signal. Selon The Guardian, WhatsApp a révélé la semaine dernière que le logiciel espion de Paragon ciblait 90 utilisateurs dans 24 pays, dont des journalistes et des membres de la société civile.
Parmi les personnes ciblées en Italie figuraient Francesco Cancellato, journaliste d'investigation dont la publication dénonçait de jeunes fascistes au sein du parti de la Première ministre Giorgia Meloni, Husam El Gomati, critique de la politique italienne en Libye, et Luca Casarini, fondateur d'une ONG d'aide aux migrants.
Le gouvernement italien a confirmé que sept utilisateurs de téléphones portables avaient été ciblés, qualifiant l'incident de « particulièrement grave ». Le cabinet de la Première ministre Meloni a nié toute implication et a chargé l'Agence nationale de cybersécurité d'enquêter.
Une source proche du dossier a déclaré au Guardian que Paragon avait mis fin à ses contrats avec des clients italiens, parmi lesquels des agences de renseignement et des forces de l'ordre, après avoir constaté que l'Italie avait enfreint les clauses interdisant la surveillance des journalistes et des membres de la société civile.
Cet incident fait suite au scandale Pegasus israélien de 2021, où des enquêtes ont révélé l'utilisation généralisée du logiciel espion de NSO Group contre des journalistes, des militants et des figures de l'opposition dans le monde entier, ce qui a suscité une condamnation internationale et des appels à une réglementation plus stricte des technologies de surveillance.
Pas moins de 50 000 numéros de téléphone auraient été sélectionnés pour être surveillés grâce à la technologie d'espionnage israélienne, selon les détails de l'enquête révélant le piratage par le projet Pegasus, une collaboration inédite entre plus de 80 journalistes de 17 médias répartis dans dix pays.