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Allégation
Une vidéo virale sur les réseaux sociaux montre le président élu des États-Unis, Donald Trump, exhortant le gouvernement nigérian à libérer Nnamdi Kanu, chef du peuple autochtone du Biafra (IPOB).
Verdict
Faux. La vidéo est un deepfake (modifié par IA) et ne représente pas une déclaration authentique de Donald Trump.
Texte intégral
Une vidéo a récemment circulé sur les réseaux sociaux et prétend montrer Donald Trump appelant à la libération de Nnamdi Kanu, chef du peuple autochtone du Biafra (IPOB), proscrit.
Dans la vidéo, on entend une voix ressemblant à celle de Trump faire des déclarations soi-disant en faveur de Kanu, tandis qu'une image de Trump prononçant un discours est affichée.
« J'appelle le gouvernement nigérian à libérer immédiatement M. Nnamdi Kanu, détenu dans des circonstances qui remettent en question l'équité, les droits humains et la justice fondamentale », aurait déclaré Trump.
Le message vidéo ajoutait : « La détention de Nnamdi Kanu dure depuis trop longtemps et il est temps que le gouvernement nigérian respecte les principes de liberté et d'État de droit. Soyons clairs : si M. Kanu n'est pas libéré avant le 31 novembre 2024, mon administration entamera le processus de retrait de l'aide médicale, financière et humanitaire que nous fournissons au Nigéria. » > « Les États-Unis défendent la justice et nous attendons de nos alliés qu'ils défendent les mêmes valeurs. De plus, si le Nigéria ne prend pas cette mesure, je rencontrerai d'autres dirigeants mondiaux pour discuter de nouvelles mesures, y compris des sanctions contre le Nigéria. »
FactCheckAfrica a constaté que la vidéo en question avait été partagée le 16 novembre sur TikTok. La vidéo a suscité des débats parmi les utilisateurs des réseaux sociaux, certains félicitant Trump pour sa prétendue intervention, tandis que d'autres remettaient en question son authenticité. La vidéo a été largement partagée sur des plateformes comme X (anciennement Twitter) et Facebook, où elle a recueilli des milliers de vues et de commentaires.
Cette vidéo intervient dans un contexte de controverses juridiques et politiques persistantes autour de Nnamdi Kanu, détenu par les autorités nigérianes. Les partisans de l'IPOB sollicitent depuis longtemps le soutien international pour sa libération, et la vidéo semble constituer le soutien d'une personnalité internationale de premier plan.
FactCheckAfrica a décidé de vérifier l'authenticité de la vidéo, compte tenu de son potentiel à influencer l'opinion publique et à alimenter la désinformation.
Vérification
Une analyse de la vidéo a été réalisée à l'aide d'outils de recherche d'images et d'audio inversés. FactCheckAfrica a constaté qu'elle ne contient aucune séquence nouvelle ou vérifiable de Trump s'exprimant sur cette affaire. Les images ont été extraites d'un événement précédent au cours duquel Trump s'est exprimé sur des sujets sans rapport. L'audio, tout en imitant la voix de Trump, s'est avéré être généré par l'intelligence artificielle (IA).
Des enquêtes ont été menées auprès d'experts des médias et de chercheurs en IA, qui ont confirmé que la voix dans la vidéo correspondait aux caractéristiques du contenu généré par l'IA. Des marqueurs spécifiques, tels que la discordance entre les yeux et la voix, le mouvement non synchronisé des lèvres, les incohérences tonales et l'absence de contexte original, corroborent cette constatation.
FactCheckAfrica a examiné les comptes vérifiés de Trump sur les réseaux sociaux et ses déclarations publiques. Rien n'indique qu'il ait tenu de telles propos à propos de Nnamdi Kanu ou qu'il se soit adressé au gouvernement nigérian à ce sujet. De plus, aucun média américain ou nigérian réputé n'a fait état d'une quelconque déclaration de Trump concernant Nnamdi Kanu.
De plus, la mention du « 31 novembre » comme ultimatum dans la vidéo renforce sa falsification. Novembre ne compte que 30 jours.
Conclusion
La vidéo affirmant que Donald Trump a exhorté le gouvernement nigérian à libérer Nnamdi Kanu est générée par l'IA et ne constitue pas une déclaration ou une action authentique du président élu des États-Unis. Cet incident met en évidence les risques croissants d'utilisation abusive de l'IA pour créer des récits convaincants mais faux.