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Vingt-cinq suspects canadiens sont accusés d'avoir escroqué des personnes âgées américaines de 21 millions de dollars dans le cadre d'une « escroquerie aux grands-parents », selon un acte d'accusation fédéral rendu public mardi.
Tous les 25 suspects, qui auraient opéré à partir de Montréal et résidaient là-bas ou ailleurs dans la province de Québec, ont été accusés de fraude électronique dans une affaire alléguant qu'ils faisaient partie d'une opération à la pointe de la technologie qui a fait des victimes parmi des centaines de retraités américains, a déclaré le procureur américain du Vermont dans un communiqué.
Thomas Demeo, agent spécial en charge du bureau local de Boston de la division des enquêtes criminelles de l'IRS, a déclaré que les accusés faisaient partie d'une « entreprise criminelle transnationale dont le seul but était de frauder des centaines de retraités de leurs économies en exploitant leurs émotions et en les trompant en leur faisant croire que leurs proches étaient en danger ».
Vingt-trois des 25 suspects ont été arrêtés au Canada mardi, selon le communiqué. Deux sont toujours en fuite ; le communiqué n'indique pas où ils se trouveraient.
Les procureurs ont déclaré que les accusés ont utilisé un récit connu des forces de l'ordre sous le nom d'« arnaque des grands-parents » : un grand-parent est appelé et exhorté à envoyer des milliers de dollars pour tirer d'affaire un petit-enfant adolescent ou adulte qui a été impliqué dans un accident de voiture et qui a ensuite été arrêté. Dans le cadre de l'histoire, les victimes sont informées que l'affaire du petit-enfant est soumise à une stricte ordonnance de confidentialité et qu'il leur est interdit de parler à quiconque de leur demande d'argent, ont déclaré les procureurs.
Les enquêteurs ont trouvé des victimes dans 40 États, de l'Alabama au Wyoming, selon l'acte d'accusation et la déclaration. Alors que les procureurs fédéraux ont estimé les gains de l'opération à 21 millions de dollars, on ne sait pas exactement ce que les victimes individuelles ont perdu.
L'acte d'accusation du grand jury fédéral, déposé sous scellés le 20 février dans le Vermont, où vivent certaines des victimes, comprend une accusation supplémentaire de blanchiment d'argent pour cinq des suspects, qui auraient tenté de cacher l'origine de leurs gains, selon le document.
Un porte-parole du procureur américain du Vermont n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires mardi soir.
Les procureurs américains ont déclaré que certains des accusés téléphonaient à des victimes potentielles dans le Vermont lorsqu'ils ont été retrouvés dans des centres d'appels de la région de Montréal en juin lors de raids menés par les forces de l'ordre canadiennes. La déclaration du procureur américain indiquait que l'opération était active depuis 2021.
Cinq des suspects, dont les deux qui n'ont pas encore été arrêtés, ont aidé à gérer les centres d'appels, selon la déclaration du procureur américain.
L'acte d'accusation allègue que tous les accusés faisaient partie d'une opération sophistiquée, certains se spécialisant dans les appels à froid de victimes potentielles et, s'ils obtenaient du succès, transmettant les appels à des « closers » qui essaieraient d'amener les victimes potentielles à envoyer de l'argent ou à préparer l'argent pour le retrait.
Les appels étaient basés sur des feuilles de calcul détaillant des informations sur les victimes potentielles, y compris les noms, les adresses, les numéros de téléphone et les revenus estimés des ménages, selon l'acte d'accusation.
L'opération s'appuyait sur une technologie contemporaine qui a été utilisée pour masquer les appels provenant du Québec afin qu'ils semblent provenir des États-Unis, ont déclaré les procureurs dans l'acte d'accusation.
Les escrocs changeaient fréquemment de numéro de téléphone en changeant les cartes SIM des téléphones qu'ils utilisaient, ont déclaré les procureurs.
L'opération consistait en des associés se faisant passer pour des employés d'une société de cautionnement qui récupéraient de l'argent au domicile des victimes, ont déclaré les procureurs dans l'acte d'accusation, mais parfois une victime se trouvait dans une zone hors de portée. C'est alors, selon les procureurs, que les accusés ont utilisé des services de covoiturage qui offrent le ramassage et la livraison pour récupérer l'argent.
D'autres fois, ils demandaient aux victimes d'envoyer l'argent par la poste à une maison qu'ils avaient identifiée comme abandonnée grâce à des recherches sur des sites Web immobiliers, selon l'acte d'accusation.
Et quand est venu le temps de faire parvenir les gains au Canada, ont déclaré les procureurs dans la déclaration de mardi, les suspects ont parfois utilisé la cryptomonnaie pour masquer la source de l'argent.
Les procureurs demanderont la confiscation des fonds prétendument volés, selon l'acte d'accusation.
Les cinq accusés accusés de fraude électronique et de blanchiment d'argent risquent 40 ans de prison s'ils sont reconnus coupables, selon le communiqué du procureur américain. Les 20 accusés qui sont accusés d'une seule accusation, celle de fraude électronique, risquent 20 ans de prison, a-t-il précisé.
Les accusés n'ont pas comparu devant un tribunal fédéral, selon les documents judiciaires, et on ignore s'ils ont des avocats. Le bureau du défenseur public fédéral du Vermont n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.