La Première ministre italienne Giorgia Meloni doit témoigner aujourd'hui devant un tribunal dans le cadre d'un procès civil contre deux hommes accusés d'avoir créé et diffusé des vidéos pornographiques deepfake utilisant son image. Cette comparution devant le tribunal marque un moment important dans la mesure où Meloni cherche à obtenir justice et vise à envoyer un message fort contre de tels abus de la technologie.
De quoi s'agit-il ?
Le procès concerne un homme de 40 ans et son père de 73 ans, qui seraient responsables de la mise en ligne des vidéos manipulées sur un site Web pornographique américain en 2020, avant que Meloni ne devienne Premier ministre.
Selon l'acte d'accusation, les vidéos ont été visionnées des millions de fois dans le monde entier au cours de leur présence en ligne de plusieurs mois. Meloni réclame une indemnisation « symbolique » de 100 000 €, qu'elle s'est engagée à reverser à un fonds du ministère de l'Intérieur en faveur des femmes victimes de violences.
L'avocat de Meloni a souligné que le procès vise à encourager d'autres victimes d'abus similaires à se manifester et à porter plainte. Le prévenu le plus âgé a demandé à effectuer des travaux d'intérêt général pour régler l'affaire contre lui, une décision qui sera prise par un juge la semaine prochaine.
Des inquiétudes plus profondes concernant l'impact de la technologie deepfake
Un deepfake est une image ou une vidéo modifiée numériquement où le visage d'une personne est superposé sur un autre corps. Cette technologie est devenue de plus en plus répandue, suscitant des inquiétudes quant à son potentiel de désinformation politique et de harcèlement sexuel en ligne. Le cas de Meloni souligne le besoin urgent de s'attaquer à l'utilisation abusive de ces technologies.
Existe-t-il suffisamment de mesures législatives et de réglementations en place ?
Les deepfakes ne sont pas illégaux en Europe en vertu du nouveau règlement de l'UE sur l'IA. Cependant, les créateurs de contenu doivent être transparents sur leurs origines. Cela ne signifie pas que les créateurs de contenu sont autorisés à réaliser des vidéos offensantes de quelqu'un.
L'Italie a mis en place des recours juridiques pour réglementer la technologie de l'intelligence artificielle (IA) tout en restant en conformité avec la loi de l'Union européenne sur l'IA approuvée par le Parlement européen plus tôt cette année.
Bien que les deepfakes ne soient pas explicitement interdits comme indiqué ci-dessus dans le cadre de la nouvelle réglementation de l'UE, les créateurs de contenu sont tenus de divulguer l'origine du contenu généré par l'IA. En outre, les grandes plateformes technologiques comme TikTok, X et Facebook doivent identifier le contenu généré par l'IA en vertu de la loi sur les services numériques, qui fait partie des lois de modération de contenu de l'UE.
Pourquoi le témoignage de Meloni est important
Le témoignage de Meloni aujourd'hui à Sassari, en Sardaigne, représente une étape cruciale dans la lutte contre l'utilisation abusive de la technologie deepfake et dans le soutien aux victimes de ce type de harcèlement en ligne. Son avocat a déclaré que le procès vise à « envoyer un message aux femmes victimes de ce type d'abus de pouvoir pour qu'elles n'aient pas peur de porter plainte ».